Mode d’emploi pour être Roux

28 décembre 2009 par

i.ehow.comLes roux, ou encore communément appelés « poils de carotte, gingers, rouillés », sont en fait des gens normaux, ne vous déplaisent. On ne passe pas à côté. Lorsqu’on est jeune et roux, on est inévitablement placé dans la case « souffre douleur ». Surtout si vous êtes de ma grandeur! Alors, comment fait-on pour déambuler dans ce monde vicieux, méchant mais ô combien merveilleux. Il n’y a pas 36 façons.

Premièrement, il faut savoir se maîtriser. Si vous êtes comme moi et que vous faite à l’âge adulte pas plus de 5 pieds 8, l’idée c’est de ne pas trop provoquer les gens. Par contre, savoir se maîtriser ce n’est pas capituler. Une des erreur commune des souffres douleur dans les écoles est de tenter de se faire invisible. Malheureusement, quand on a une perruque orange sur la tête, être invisible est impossible. Il faut donc savoir composer avec ce que les Dieux nous donnent, c’est-à-dire une casquette. Cependant, malgré cette possibilité, il y a toujours des moments où vous allez vous retrouver face à votre destin, comme par exemple dans un cours d’éducation physique. Il faut donc miser sur le potentiel, autre que sur l’apparence, tel un laideron le ferait.

La première solution est donc de devenir copain/copain avec le gars le plus branché de l’école, et/ou le plus imposant. De cette manière, vous allez pouvoir faire partie des groupes les plus « cool » de l’école et donc d’avoir un développement très sain et normal. Cependant, être l’ami du gars le plus populaire de l’école quand on a un champs de carotte sur la tête, ce n’est pas ce qu’il y a de plus facile, c’est même disons le franchement, mission impossible. Il faut faire preuve de plus d’ingéniosité.

La meilleure solution est donc d’être bon dans les sports et à l’école. D’un côté, vous aurez tout le monde à vos pieds avant et pendant les examens, et de l’autre vous ferez suer les plus grands sportifs de l’école lorsque le p’tit roux de la classe bottera le cul de l’équipe adverse à lui tout seul. Personnellement, je n’ai eu aucun problème à employer cette solution. Heureusement, j’avais un père ultra bon dans les sports et très brillant. Le seul problème est que, l’effet n’est pas permanent. En dehors des cours de sport et des examens, les jeunes en bas âge ne sont pas toujours très brillants. Il faut donc user de patience et d’autonomie, car il est d’une évidence certaine que le ginger de la classe n’est pas l’homme le plus convoité de la place, autant par les filles que par les gars. Il est donc hors de question de sortir avec la fille la plus populaire de l’école. J’ai eu le malheur de sortir avec une fille tellement plus vieille que moi qu’elle n’était même plus à la même école que moi lorsque je suis entré en secondaire 1. L’effet positif n’est donc pas très présent face aux autres.

L’idée, c’est de se forger une confiance absolue en soi. Par contre, lorsqu’on est jeune, notre confiance est souvent basée sur celle que les autres ont envers nous, c’est-à-dire dans mon cas, lors des examens; 100%, en dehors des examens; 0%. Malgré tous les efforts que j’ai pu mettre dans les sports, devenir coach de tennis et pro au golf ne m’a apporté aucun ami ni réconfort. Il faut donc savoir s’entourer de gens qui n’ont pas ou presque pas de préjugés. Il est évident que sur le coup, les effets ne seront pas très bons. Lorsque nous ne sommes pas populaire au secondaire, nos amis ne le sont généralement pas non plus. Ce n’est qu’aujourd’hui que je me rends compte de la valeur de mon groupe d’amis.

J’ai réussi tout au long de mon enfance et adolescence à me planter les pieds dans mes études. J’ai omis certains détails qui font qu’un enfant se développe bien en général, comme avoir une vie sociale, faire des sports d’équipes, sortir tard le soir, fumer en cachette et boire de l’alcool 90%. Au lieu, j’ai emprunté la voie solitaire. Certes j’avais mes amis, mais ils n’étaient pas très présents lorsque j’avais le gros lard de l’école qui me tapait dessus après les cours. D’ailleurs ils subissaient peut-être le même sort que moi, j’en sais trop rien. L’effet a été positif dans la mesure où mes parents étaient très fiers de moi. Mais bon, qui en ce bas monde a besoin que ses parents soient fiers de lui à 13 ans? Il y a donc un large vide qui se forme, ce qui a pour effet de produire un roll back plus tard, c’est-à-dire 18 ans. C’est alors qu’on se rend compte qu’on a passé à côté de certaines choses dans notre jeunesse, et que nous voulons rattraper le temps perdu, ce qui est normal en soit, mais pas pour les gens qui nous entourent, car eux ont eu l’occasion de vivre certaines choses plus tôt dans leur vie.

Pour revenir à nos moutons, l’essentiel lorsqu’on est roux, c’est évidemment de s’assumer. Il y a toujours la porte de la teinture, que j’ai d’ailleurs emprunté pendant certaines années, mais fiez vous à mon expérience, ce n’est pas la couleur des cheveux qui change le regard des autres sur vous, surtout quand on passe du orange au bleu. Il faut donc s’armer de confiance et assumer sa couleur. Ceci dit, à 13 ans, l’option n’est pas tout à fait envisageable. L’option « se mettre meilleur ami avec le pire de l’école » a donc pris tout son sens pour moi. J’ai d’ailleurs été peut-être trop à l’extrême. Je me suis donc mis copain/copain avec le dealer de l’école. Cependant, le dealer en question était tellement enfoncé jusqu’à l’os qu’il a terminé en maison de correction. Donc, à partir de ce moment, ma solution est complètement tombée à l’eau.

Vous avez peut-être l’impression qu’être roux au secondaire est un très gros problème. Vous avez totalement raison. Mais qui dit problème dit solution. Il y a toujours une façon de s’en sortir. Évidemment si vous êtes roux, stupide, mauvais dans les sports et très laid, les solutions qui s’offrent à vous sont de plus en plus limitées, mais dites vous bien une chose; toute mauvaise chose a une fin… les gens vieilliront et comprendront. Cette journée n’est pas encore arrivée malheureusement, car même à l’âge adulte, des gens n’ont malheureusement pas évolués et sont restés au secondaire dans leur monde. Par contre, l’idée c’est de ne pas faire la même bêtise. Il faut évoluer, et comprendre que ces gens sont très facilement « cassable ». Il faut user du bon côté de la force pour manœuvrer dans cette société tordue et démoniaque.

Personnellement, je crois qu’être roux m’a rendu un très grand service. J’ai du vieillir plus vite que bien des gens, peut-être, mais maintenant, je ne suis pas obligé de continuer ainsi et de vieillir aussi vite qu’eux. J’ai l’occasion encore aujourd’hui de rattraper le temps perdu. En plus, j’ai quelque chose de plus que je n’avais pas à 13 ans. Vous pensez peut-être à la confiance, mais je voulais plutôt dire ici de l’argent. Ceci dit, je n’ai pas l’intention de me teindre les cheveux en vert, de fumer du pot en arrière du dépanneur du coin et d’envoyer chier mon père de 54 ans. De toute façon, il ne comprendrait pas très bien ce qui se passe, et les jeunes du dépanneur m’enverraient possiblement promener … ou me demanderaient de leur sortir une bouteille de rhum. Cependant, je suis encore jeune, et il est toujours temps de profiter de la vie. Avoir confiance en soi n’a pas de prix, et c’est le meilleur atout que vous aurez peu importe les situations dans votre vie.

2 réponses à “Mode d’emploi pour être Roux”

  1. Claudio dit :

    Je trouve ton article par hasard. Je suis vieux. Toute mon enfance, j’ai été persécuté. Je ne comprends pas comment on fait encore lire « Poil de Carotte » aux enfants dans les écoles. A chaque lecture d’un passage, j’avais droit à ce sobriquet que je hais. Je hais aussi le mot rouquin!
    La première fille que j’ai voulu toucher m’a dit qu’elle n’aimait pas les rouquins. J’ai mis longtemps à m’en remettre. Finalement, j’ai eu quand même quelques succès féminins et je me suis peu à peu décomplexé. Heureusement, j’étais un brillant élève à l’école, si bien qu’on m’a embêté mais on ne m’a jamais méprisé. Il n’y avait pas à l’époque le variété ethnique de maintenant. Alors, j’espère que ça va mieux. J’avais la malchance d’être roux, petit et gros. Le jour où j’ai grandi, on m’a beaucoup moins embêté. J’ai appris que les hommes sont des lâches. C’est déjà ça.
    Courage mon ami,

  2. Alex dit :

    Salut Jean-Philippe, et merci pour ton article. Je souhaiterais partager mon expérience de la rousseur, n’hésite pas à m’écrire : alexandre.salas@orange.fr

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